
Les trois doshas sont des principes inhérents à la vie, présents en toutes choses, utilisés en ayurvéda pour évaluer et décrire la nature profonde et l’état du moment des individus. Les doshas servent à identifier les caractéristiques d’une personne ainsi que sa propension aux déséquilibres, pour ainsi établir les éléments de l’alimentation et du mode de vie qui lui seront bénéfiques.
À cet effet, la pratique du yoga peut être adaptée afin de favoriser l’équilibre des doshas. Dans ce premier article d’une série de trois, nous explorerons la pratique du yoga en fonction du dosha vata, correspondant aux mouvements, aux rythmes et aux pulsations de vie dans l’organisme.
Caractéristiques du dosha vata
L’archétype d’une personne de nature principalement vata est une personne active, curieuse, qui tient difficilement en place. Physiquement, la personne sera plutôt mince, frileuse et aura tendance à avoir la peau sèche. Ayant une imagination débordante, elle possèdera un penchant naturel pour les activités artistiques, dans lesquelles elle se sentira dans son élément. C’est une personne polyvalente, qui s’adapte facilement aux situations nouvelles.
Par ailleurs, que vata soit très présent dans notre nature ayurvédique ou non, nous pouvons tous souffrir d’un déséquilibre vata à un moment de notre vie. Dans notre corps, ces déséquilibres se traduisent par des problématiques tels que gaz, ballonnements, difficultés de concentration, anxiété, insomnie, émaciation, etc. De façon plus générale, un signe caractéristique du déséquilibre vata sera la douleur : une douleur vive, aigue. Consultez l’article Vata, le principe naturel du mouvement pour en apprendre davantage sur ce dosha.
Pratiquer le yoga pour tempérer vata
Puisque vata est de nature polyvalente, une personne en excès vata a tendance à s’éparpiller dans diverses activités et peut vite se sentir débordée. Il lui faut se modérer et aller vers des activités pacifiantes, apaisantes, reposantes, même si elle a peut-être l’impression d’aller contre sa nature.
En yoga, on recommande aux personnes souffrant d’un excès vata de pratiquer avec modération et régularité, selon un horaire constant, autant que possible, puisque la routine est une clé importante pour équilibrer ce dosha, qui se disperse facilement.
En effet, en excès vata, nous avons tendance à laisser tomber rapidement une activité au profit d’une autre ou à entreprendre plusieurs choses en même temps. Une personne de nature vata peut avoir de la difficulté à aller au bout de ce qu’elle entreprend. Par conséquent, une personne typiquement vata bénéficiera d’un engagement clair avec elle-même de se dédier avec constance à une pratique, pour une période de temps définie.
L’ayurvéda enseigne que, dans le corps, vata dirige les rythmes biologiques. C’est pourquoi la pratique du yoga pour rééquilibrer vata doit demeurer confortable et non essoufflante, afin de ne pas brusquer les processus naturels tels que l’appétit, le transit intestinal et l’équilibre hormonal, qui se dérèglent plus facilement, lorsque vata est en excès.
L’importance de l’enracinement
Puisque l’un des gunas, soit les qualités de vata, est le « subtil », les personnes de nature vata ou souffrant d’un excès de ce dosha se sentent facilement déracinées et perdent plus facilement leur centre. En conséquence, elles doivent, au cours de la pratique, se concentrer sur les sensations de lourdeur, d’ancrage et de contact avec le sol.
Le rythme de la pratique
Vata possédant également la qualité « mobile », on recommande les types de yoga où les postures sont maintenues longtemps, tel que le hatha yoga, plutôt que les types de yoga vinyasa faits de séquences de mouvements fluides, enchaînées rapidement. Le yoga restaurateur, ou yin yoga, intégré à une pratique constituée de seulement quelques postures par séance, lui sera d’un grand support.
Postures à privilégier pour vata
Puisque les personnes de nature ou en état vata souffrent plus facilement de courbatures, les postures générant des étirements sont à privilégier. Ainsi, pour vata, on utilise les postures d’étirements au sol assises et couchées, toujours dans l’intention de favoriser la sensation d’enracinement.
Exemples de postures d’étirement :
- Posture de la tête au genou (janu sirshasana)
- Posture du sage Maharishi (marichyasana)
- Grand écart au sol (upavistha konasana)
- Torsion assise jambes croisées (parivrtta siddhasana)
- Étirement de la jambe en position allongée sur le dos (supta padangusthasana)
- La salutation au soleil, exécutée lentement, est aussi excellente pour délier les raideurs musculaires propres à vata.
Par ailleurs, chez les personnes de nature vata, on ne doit pas négliger de travailler la force, dans l’optique d’augmenter et de fortifier la masse musculaire. De plus, lors d’une pratique pour apaiser vata, on cherche à générer de la chaleur, particulièrement au niveau du système digestif, en renforcissant les muscles de la sangle abdominale.
Exemples de postures pour travailler la force :
- Bateau (navasana)
- Étirement de l’est ou « plan incliné » (purvottanasana)
- Posture du bâton sur quatre appuis (chaturanga dandasana)
Comme un excès de vata tend à générer agitation mentale et anxiété, il sera important de calmer le système nerveux sympathique. Dans ce contexte, les flexions avant sont particulièrement indiquées : leur effet apaisant encourage l’activation du système nerveux parasympathique, soutenant ainsi les fonctions de régénération et de repos de l’organisme.
Exemples de flexions avant :
- Étirement de l’ouest (paschimottanasana)
- Posture de l’enfant (balasana)
Les postures d’inversions, qui drainent le sang des organes et des extrémités vers le cerveau et particulièrement vers l’hypophyse, sont excellentes pour réguler diverses fonctions du corps, en agissant sur le système endocrinien.
Exemples de postures d’inversion :
- Équilibre sur la tête (sirshasana) posture réchauffante
- Équilibre sur les épaules (sarvangasana) calme le système nerveux
- Inversion supportée (viparita karani asana)
Les extensions, ou flexions arrières, sont à réaliser avec modération, puisqu’elles ont tendances à stimuler le système nerveux sympathique : pour vata, on privilégie plutôt les extensions passives, supportées par des accessoires, pour leur aspect relaxant et calmant au niveau émotif. Ces postures ouvrent le coeur et contribuent à détendre les tensions dans les épaules et le cou.
Exemple d’extension passive :
- Posture de repos avec extension du dos supportée (salamba supta baddha konasana) avec l’aide d’un traversin, de blocs ou d’une couverture.
Autres pratiques bénéfiques pour vata
Puisque le yoga ne se limite pas aux postures, voici d’autres pratiques yogiques pouvant être judicieuses pour apaiser les excès vata.
- On mettra l’accent sur les exercices de respiration (pranayamas) simples, lents et profonds, comme la respiration yogique complète avec ujjayi pranayama.
- Les mudras qui harmonisent les hémisphères, tel que bhairava mudra, pourront être utilisés, ou shanmukhi mudra, qui a pour fonction de couper les stimuli (oreilles, yeux, nez, bouche) dirigeant les sens vers l’intérieur et atténuant le sentiment de dispersion.
- On utilisera la pratique du mula bandha, qui mobilise le plancher pelvien, pour se réchauffer et s’ancrer.
- La pratique du yoga nidra, apparentée à l’autohypnose, convient particulièrement aux types vata procurant une relaxation profonde.
Aborder les déséquilibres vata par le yoga
Lorsque vata est en déséquilibre, les premières manifestations physiques apparaissent au niveau du gros intestin, notamment sous forme de ballonnements.
Pour maintenir le gros intestin en santé, on privilégie les postures étirant l’abdomen, telles que le poisson (matsyasana), la foudre couchée (supta vajrasana), le héros couché (supta virasana), ou encore des postures telle que la flexion avant avec une jambe repliée devant comme dans le pigeon (eka pada rajakapotasana), le talon de la jambe devant qui nous masse alors le ventre. Les torsions qui étirent le bas du ventre sont également efficaces à cette fin.
Dans les cas de constipation, les étirements latéraux seront d’une surprenante efficacité, tout comme la fameuse posture du « squat » indien, qui facilite l’élimination, surtout lorsqu’elle est maintenue longtemps.
Les rythmes biologiques ayant tendance à se dérégler chez les personnes de nature vata, on recommande les postures suivantes pour l’équilibre du système endocrinien : posture de l’arc (dhanurasana), cobra (bhujangasana), sur la tête (sirshasana), sur les épaules (sarvangasana), la charrue (halasana), ainsi que la salutation au soleil (surya namaskar).
Pour l’insomnie, courante lorsque vata est déséquilibré, on recommande particulièrement les flexions avant tel que « l’étirement de l’ouest », mieux connu sous le nom de « posture de la pince ». Ici, l’ouest fait référence à tout l’arrière du corps (paschimotanasana). La posture de l’enfant (balasana), ainsi que le yoga nidra et les pranayamas mentionnés dans cet article, seront également utiles.

bonjour, serait-il possible d’avoir les rubriques yoga dosha en pdf? je suis pitta et jaurais besoin de modération… merci
Bonjour, nous n’avons de pdf à cet effet, toutefois vous pouvez copier-coller les rubriques que vous voulez conserver dans un document word pour créer votre propre fiche mémoire. En effet, la modération et la pratique dans le plaisir sont bénéfiques à pitta, voyez notre article sur le yoga adapté à pitta pour en apprendre davantage !