
Ama : préambule et définition
En ayurvéda, ama désigne les « déchets, toxines » ou, plus précisément, les substances non-métabolisées. Les toxines et les nutriments incorrectement métabolisés nuisent à la santé des tissus et au bon fonctionnement des organes. L’ayurvéda professe qu’une accumulation d’ama est à la source de la plupart des déséquilibres de la santé.
Ama modifie l’environnement de l’organisme, perturbe les transformations chimiques, oxyde les nutriments et les cellules. Il obstrue les espaces et encombre la libre circulation des fluides du corps.
La présence d’ama obstrue les passages de l’organisme, ralentit le métabolisme et nuit aux échanges chimiques ainsi qu’à l’équilibre des doshas. Ainsi, lors d’un traitement ayurvédique, on tente d’abord d’éliminer ama avant même de régulariser les doshas.
Relation entre le métabolisme et les déchets dans l’organisme
L’ayurvéda assimile le métabolisme au concept d’agni qui fait référence aux transformations chimiques engendrés dans les aliments consommés. Lorsqu’agni fait défaut, ama apparaît et l’énergie vitale, ojas, diminue, entraînant aussi une perte d’appétit.
On peut optimiser la métabolisation en mangeant juste assez de nourriture pour combler notre appétit. En faisant bon usage des saveurs on stimule le feu digestif, notamment grâce aux plantes amères et aux ingrédients piquants. Pour en savoir davantage sur l’effet des saveurs sur la digestion, consultez l’article : les 6 saveurs et l’alimentation.
Les caractéristiques d’ama
Ama circule lentement, il est lourd, huileux, visqueux, toxique, malodorant et sa composition est rarement homogène. Ces propriétés affectent l’équilibre des mouvements, des transformations chimiques et de la préservation de l’organisme. Les mouvements, vata, seront obstrués par ama, tandis que les transformations, pitta, seront affectées par l’aspect huileux et toxique d’ama. Le principe de stabilité et de préservation kapha sera exacerbé via la lourdeur et la viscosité d’ama.
Ces caractéristiques peuvent facilement être observées au niveau des selles. Celles-ci deviennent très malodorantes, tombent et collent au fond de la toilette, présentent différentes couleurs et/ou des morceaux de nourriture non-digérée.
Symptômes d’intoxication
Ama s’accumule dans les « canaux » de l’organisme, les srotas. On parle des vaisseaux sanguins, des canaux lymphatiques, du tube digestif, des espaces au sein des tissus conjonctifs et des milieux interstitiels, entre les cellules elles-mêmes. Ce phénomène engendre des symptômes variés :
- Sensation de lourdeur, lassitude, fatigue, peu d’endurance
- Perte d’appétit, indigestion
- Malabsorption, déficiences nutritionnelles
- Mucus, dépôt sur la langue
- Mauvaises odeurs corporelles
- Circulation déficiente : sang, lymphe, nourriture et autres
- Élimination déficiente : ballonnements, constipation ou diarrhée
- Urine trouble, foncé et visqueuse
La réabsorption entéro-hépatique fait en sorte que, lorsqu’une substance est éliminée par le foie via la bile, en moyenne 20% à 60% est réabsorbée dans l’intestion, et parfois même jusqu’à 95%, selon la nature des substances, l’efficacité de l’élimination des selles, l’état du microbiote, le flot biliaire, la présence d’aliments et autres facteurs. Ce phénomène peut se produire plusieurs fois avant l’expulsion finale d’une molécule.
Comment réduire ama
En premier lieu, il convient de mettre en œuvres les stratégies suivantes pour adopter un mode de vie hypotoxique, réduire la présence d’ama, préserver la santé et prédisposer l’organisme à des traitements plus en profondeur.
- Régulariser et fortifier agni, la digestion et la métabolisation de la nourriture
- Doser les portions de nourriture selon les limites de l’appétit : on suggère que l’estomac soit rempli au tiers de nourriture, au tiers de liquide et que le dernier tiers soit laissé vide
- Consommer plus de fibres dans l’alimentation pour favoriser l’élimination des toxines, voir le rôle des fibres alimentaires
- Manger quotidiennement quelques aliments riches en antioxydants tels les fruits et les légumes ainsi que les épices comme la coriandre, le curcuma, le poivre et la cannelle
- Éliminer les sources potentielles de toxines comme les métaux lourds, les pesticides et les engrais chimiques présents dans les conserves et l’agriculture conventionnelle
- Maintenir l’équilibre acido-basique dans l’organisme en réduisant les sources d’acidité, voir l’équilibre acido-basique et la santé
- Recevoir des massages aux poudres d’herbes, udvarthana, et des séances de sudation (svedana)
- Supporter le foie en consommant des salades amères comme la roquette, la chicorée et le radicchio, utiliser des suppléments naturels à base de plantes toniques du foie telles le chardon-marie, la bardane, le pissenlit, l’achillée, le neem, l’artichaut et autres
- Supporter les reins en consommant des légumes verts et autres aliments riches en minéraux ainsi qu’en utilisant des suppléments naturels à base de plantes toniques des reins telles l’ortie, le shilajit, l’aigremoine, le tribulus, le guduchi et autres
Approfondir la détoxication
Plusieurs actions peuvent ensuite être entreprises pour approfondir la détoxication à l’aide des plantes altératives et lymphatiques. On emploie aussi des corps gras médicamentés, des thérapies émétiques, purgatives et des énémas. Par ailleurs, le jeûne est un outil fabuleux lorsqu’on l’emploie convenablement.
Les traitements purifiants, dits shodhana, sont plus drastiques mais parfois nécessaires pour éliminer les toxines accumulées au fil des années. L’article sur les panchakarmas traditionnels élabore le sujet plus en avant.
Une consultation privée avec un spécialiste chevronné de la santé naturelle est fortement recommandée afin de personnaliser les protocoles de détoxication. C’est une bonne façon de s’assurer de connaître les précautions nécessaires pour éviter les effets secondaires tout en maximisant les bienfaits.
Amavisha et garavisha
L’ayurvéda appelle amavisha une situation où ama s’accumule à cause de mauvaises habitudes de vie. En cas d’amavisha, ama devient problématique pour les fonctions vitales telles que les doshas, dhatus (tissus) et malas (déchets).
Garavisha est une situation où ce sont des poisons de nature environnementale qui nuisent à la santé. On pense alors à des polluants dans l’eau, l’air, le sol ainsi qu’à des toxines produites par des micro-organismes ou des parasites.
En infiltrant les différents dhatus, amavisha ou garavisha provoquent des symptômes correspondants aux fonctions des tissus. Par exemple, une fois le plasma touché (rasa dhatu) un sentiment de lourdeur apparaît, puis le sang est atteint (rakta dhatu) et la digestion ralentit. Ensuite ce sont les tissus conjonctifs qui pâtissent (mamsa dhatu) et les problèmes de peau commencent : acné, eczéma et autres.
Ama occupationnel
À une autre échelle de notre réalité, le concept d’ama s’applique aussi à notre façon de vivre. La vie urbaine moderne nous entraîne vers des horaires chargés, une succession d’événements et de tâches sature notre attention et notre système nerveux. Cet état de fait déséquilibre le principe vata des individus et de la société toute entière.
Nous accumulons inévitablement des retards dans l’accomplissement de nos désirs et dans la réalisation des tâches qui nous incombent. Peu à peu, nous glissons facilement vers une surcharge de responsabilités et d’exigences qui nous étouffent, limitent notre liberté. Se dresse devant nous un horizon sombre et déprimant.
On se sent parfois honteux, frustré, déprimé ou effrayé à l’idée de ne jamais être à la hauteur des défis de la vie quotidienne. Ou encore de manquer de ressources pour arriver à nos fins. On finit par devenir indifférent et asocial à force de ne pouvoir tenir le rythme effréné auquel la majorité d’entre nous s’astreint encore. Éventuellement, ce décalage entre société et individus engendre éventuellement pénalités et conséquences pour ceux qui refusent ou ne peuvent s’adapter.
Nous devons parfois tenir ferme à nos rêves et espoirs d’un monde meilleur pour rester motivés malgré les absurdités et les souffrances affligeant l’humanité aujourd’hui. Dans le tourbillon des activités, il faut savoir choisir nos batailles. Nous devons accepter de délaisser certaines tâches moins importantes. Il est important d’épurer nos relations sociales et surtout, de lâcher prise sur ce qu’on ne peut contrôler.

Exposé tres clair bravo.
Comment trouver le bon etablissrment en Inde.
Comment prolonger les bienfaits d un panchakarma il y a tellement de plantes et d epices on ne sait plus ce qu il faut choisir!
J habite la France.
Merci.
Monique Plans Princiaux
Bonjour, nous allons éventuellement ajouter des références à la section « ressource/où » pour référer des centres en Inde. Il est très difficile d’oser référer un endroit, chaque médecin a un certain niveau de compétence et nos standards de qualités sont très élevés. Nous travaillons même à l’élaboration d’un centre au Kérala pour nous assurer de ces standards. Abonnez-vous à notre infolettre pour être tenue au courant. Pour prolonger les effets du panchakarma, une réponse efficace doit tenir compte de votre nature et de votre situation. Nous suggérons de consulter un expert tel notre spécialiste Jonathan Léger Raymond qui offre des consultations via Skype au centre Espace Ayurvéda (voir également la section « ressource/où » de notre site Internet). Vous pourrez aussi discuter avec lui des options possibles pour choisir un centre à votre convenance, certaines options sont disponibles mais ne peuvent être affichées sur notre site pour le moment.
Bonjour,
Texte et explications très clairs, pertinents! Merci.
J’aimerais en savoir davantage sur le jeûne avec les yeux de l’ayurveda, avez vous quelque chose là dessus?
Merci encore
Quant au jeûne l’ayurvéda préconise de courtes périodes (24-72h) ou alors un jeûne périodique d’une journée par semaine ou par mois où l’on ne mange qu’après le coucher du soleil. On effectue parfois aussi des retraits progressifs suivi d’une réintroduction des diverses catégories d’aliments avant et après le jeûne. Les jeûnes plus longs ne sont effectués que pour des objectifs exceptionnels : réduire une tumeur, effectuer une étape spéciale de désintoxication ou pour un processus spirituel particulier. L’avis d’un expert est recommandé dans ce cas. Les thérapeutes en ayurvéda devraient savoir aider à choisir les paramètres du jeûne en fonction de la nature, des circonstances et des objectifs de l’individu. Il n’y a pas de recette ou de formule standard de jeûne qui convienne en toutes circonstances.
Bonjour,
Quand une personne va très souvent aux toilettes pour uriner (plus se lève la nuit entre 1 à 2 fois ) est-ce normal ? est-ce lié à un excès d’un doshas en particulier ?
C’est assez normal, cela semble arriver un peu plus souvent qu’à l’habitude et souvent c’est un déséquilibre vata général si l’urine est peu abondante à chaque miction, parfois c’est un excès de fluide si l’urine est abondante dans ce cas ce serait kapha. La solution dépend de la personne, pour vata parfois des applications quotidiennes d’huile de sésame biologique (et non grillée) chaude sur le corps feront l’affaire, d’autres fois on utilise des toniques du sphincter de la vessie comme la racine de persil. Pour aller plus loin il vous faudrait consulter.