
Apaisement des douleurs
Depuis la nuit des temps, le boswellia est un arbre utilisé pour ses effets sur l’esprit et le corps émotionnel. Également nommé oliban ou encens, sa fumée à l’odeur caractéristique favorise la méditation et les états altérés de conscience. De nos jours, il gagne en popularité en Amérique du Nord pour ses effets probants sur les problématiques articulaires et en tant que substance anti-inflammatoire. En phytothérapie ayurvédique, sa résine fortement aromatique fait partie des remèdes nommés « guggul », tout comme la myrrhe indienne.
Nom latin : Boswellia serrata, Boswellia sacra
Autres langues : shallaki (sanskrit), salaï guggul (hindi), oliban indien, encens (français), frankicense (anglais)
Famille botanique : burséracées
Description : Le boswellia est un arbre à tronc solitaire pouvant attendre de 6 à 8 mètres, bien qu’il dépasse rarement plus de 2 mètres lorsqu’il est cultivé. Sa résine blanchâtre est collante et odorante. Ses feuilles sont dentelées, composées et légèrement duveteuses, tombent en décembre. Ses petites fleurs de couleur crème sont organisées en grappes sur une longue tige. Étonnamment, la floraison se produit de février à avril, pendant que l’arbre n’a pas de feuilles. (1)
Distribution : On retrouve le boswellia dans les régions tropicales à subtropicales, surtout dans les régions désertiques d’Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que dans les zones semi-arides du centre de l’Inde et de la côte Est, jusqu’au Pakistan.
Parties utilisées : La résine séchée est principalement utilisée. Pour des usages spécifiques, l’huile et l’écorce le sont également.
Constituants : Le boswellia contient plusieurs terpènes (monoterpènes, diterpènes, triterpènes) et divers acides boswelliques (ß-Boswellique, 3-O-acétyl-ß-Boswellique, 11-céto-boswellique, AKBA), des tanins ainsi que des polysaccharides. (1)
Récolte : Une ou deux fois par année, on pratique une incision peu profonde dans le tronc de l’arbre, puis on retire une mince bande d’écorce de 10 à 20 cm de longueur. Pour se défendre, l’arbre se met alors à produire et à suinter la résine qui coagule au contact de l’air. Une fois solidifiée, on la récolte manuellement, puis on la laisse sécher pendant trois mois, avant qu’elle soit prête à l’utilisation. (2)
Profil ayurvédique
Saveurs principales (rasa) : astringent, amer
Saveur secondaire (rasa) : sucré/doux
Saveur post-digestive (vipaka) : piquant
Caractéristiques (gunas) : léger, sec, pénétrant
Effet sur les doshas : tridoshique, peut aggraver vata en cas d’excès
Potentiel (virya) : réchauffant
Affinité avec organes et tissus (dhatus) : rakta et asthi dhatu, soit les tissus relatifs au sang et aux os
Effet spécial (prabhava) : favorise les états altérés de conscience
Propriétés médicinales générales
Altératif : Le boswellia est connu en ayurvéda pour ses capacités à désintoxiquer les articulations à long terme, des tissus peu vascularisés et donc difficiles d’accès dans l’organisme. Ses effets légèrement diurétiques contribuent également à cet effet, aidant à évacuer via les reins les toxines qui seront remises en circulation dans le corps. À cet effet, la résine est fort utile pour soigner les problématiques aux articulations, telles que la goutte et les rhumatismes. (3)
Anti-tumoral : Le boswellia possède une activité antitumorale intrinsèque significative, en particulier la variété Boswellia sacra. En effet, son huile essentielle induit spécifiquement l’apoptose des cellules tumorales de différents types de cancer. Notamment, une étude démontre la suppression de l’agressivité de la tumeur chez des cellules humaines du cancer du sein. D’autres études révèlent également le potentiel prometteur de l’acide boswellique en tant que remède anticancer. (4, 5)
Immunomodulateur : Les acides boswelliques ont surtout un effet sur l’immunité par leur action anti-inflammatoire, en inhibant la production de certains médiateurs immunitaires qui créent de l’inflammation, notamment les leucotriènes. Par ailleurs, des recherches in vitro suggèrent tout de même que, lorsqu’associés à des ions calcium, les acides 11-céto-boswellique et AKBA ont des propriétés immunostimulantes dans des voies de signalisation cellulaire spécifiques. (6)
Antiseptique et vulnéraire : La résine du boswellia prévient le développement des infections bactériennes ou fongiques au niveau de la peau et des muqueuses. En outre, elle favorise la cicatrisation des plaies et des ulcères, que l’on peut soigner à l’aide de cataplasmes (lepa) ou en effectuant une fumigation. L’huile essentielle du boswellia, combinée à celle du théier puis diluée dans une huile végétale infusée de calendule, a également démontré ses bienfaits sur la guérisons des plaies, en applications externes. (7)
Harmonise l’esprit et le corps énergétique : Le boswellia est réputé harmoniser autant l’esprit que le corps énergétique, appelé pranamaya kosha par la métaphysique Samkhya. Entre autres, son odeur est utilisée pour atteindre des états altérés de conscience et des visions lors de la méditation, puisqu’elle contribue à l’ouverture du 3e oeil et au rééquilibrage des chakras supérieurs. Également, son effet apaisant réduit le stress et favorise la concentration ainsi qu’une meilleure clarté mentale.
Utilisé en fumigation ou sous forme d’huile essentielle pure, le boswellia augmente le taux vibratoire et débarrasse le corps des états dépressifs et de la négativité. Comme il facilite un état d’intériorisation et d’introspection, il aide à trouver notre raison d’être, à développer nos habiletés psychiques telles que la clairvoyance, la lucidité et l’intuition, ainsi qu’à exprimer plus clairement notre vérité.
Propriétés : système musculosquelettique
Anti-inflammatoire : Il s’agit de la propriété la mieux cernée du boswellia, avec de nombreuses études menées sur les acides boswelliques qu’il contient. En effet, des résultats probants ont été démontrés ces dernières années quant à leur action anti-inflammatoire sur différentes problématiques articulaires, telle l’arthrose. Il s’avère que boswellia a une affinité particulière avec le système musculosquelettique : l’ayurvéda souligne son efficacité pour soulager ama vata, une problématique que l’on associe à l’arthrite rhumatoïde ou psoriasique. Ses effets anti-inflammatoires agissent également au niveau du système digestif pour contribuer à soulager notamment les colites ulcéreuses et la maladie de Crohn. (8)
Analgésique : De nombreux écrits rapportent l’effet analgésique du boswellia, sans pour autant démontrer la manière exacte dont la résine diminue la douleur. Une des hypothèses est que son action anti-inflammatoire réduit les douleurs ressenties au niveau des articulations et des muscles. Cela dit, une étude a démontré une réduction notable de la sensation de douleur suite à la prise d’une unique dose de boswellia en comprimé, comparativement aux sujets ayant ingéré un placebo. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour corroborer ces résultats. (9)
Propriétés : système digestif
Astringent : Les tanins contenus dans le boswellia resserrent les paroies intestinales et assèchent le surplus d’humidité dans le système digestif. Cette astringence, combinée à son action anti-inflammatoire, est fort utile en cas de diarrhée, d’ulcères d’estomac, de dysenterie, ou encore pour soigner les hémorroïdes. De plus, son action styptique facilite la coagulation des plaies lors d’hémorragie. Par ailleurs, le boswellia réduit l’oedème accompagnant les inflammations à l’aide d’un effet inhibiteur sur les médiateurs leucotriènes, tel que mentionné plus haut. (10)
Carminatif : Les huiles essentielles présentes dans le boswellia aident à réduire les gaz, les ballonnements et les distensions abdominales, tout en lui confèrant un effet antispasmodique au niveau des intestins. En outre, on considère en ayurvéda que l’écorce du boswellia renforcit agni et favorise la métabolisation des nutriments. (10)
Folklore et usages traditionnels
La légende dit que le boswellia était utilisé en Lémurie lors des rituels, son aspect sacré étant bien connu de ses habitants. Les lémuriens auraient graduellement donné leur vibration à l’arbre, lui transférant le pouvoir de se connecter à leurs habiletés psychiques. Par ailleurs, on raconte que ceux et celles dont le 3e oeil est bien ouvert peuvent voir la sève de l’arbre briller !
En Égypte ancienne, le boswellia représentait l’énergie masculine, le soleil et l’élément feu. La coutume était de brûler l’encens au lever du soleil, afin d’honorer le dieu Ra ainsi que d’ajouter cet encens aux amulettes de protection. À la naissance de Jésus, les trois rois mages vinrent lui porter des offrandes : l’encens, la myrrhe et l’or. L’encens représentait l’aspect divin de Jésus et, encore aujourd’hui, il est brûlé dans les églises chrétiennes, pendant les cérémonies religieuses.

Dosages et modes d’utilisation
Pour effectuer une cure anti-inflammatoire, on recommande de consommer le boswellia à moyen ou long terme, à raison de quelques mois à la fois, suivi d’une pause de quelques semaines. Dans les produits que nous trouvons sur le marché, il convient de vérifier que la concentration en acides boswelliques soit suffisamment élevée (au moins 70 %) afin de profiter pleinement de ses bienfaits. (11)
Poudre, capsules et comprimés : On ingère en général entre 400 mg et 1000 mg de poudre de boswellia, 1 à 5 fois par jour. Des dosages fréquents sont parfois nécessaires pour endiguer les inflammations, alors que deux doses par jour suffisent généralement, lorsque l’on recherche d’autres propriétés. La poudre de résine de boswellia est aussi commercialisée sous forme de comprimés ou de capsules, facilitant son ingestion. Habituellement, on le consomme à jeun, hors des repas et accompagné d’un peu d’eau, pour de meilleurs effets sur les inflammations.
Huile essentielle à l’interne : L’huile essentielle du boswellia est assez douce pour être prise oralement, une bonne manière de supporter le métabolisme, agni, et de profiter de ses effets carminatif, notamment. On consomme entre 2 et 5 gouttes, préférablement diluées dans quelques gouttes d’huile végétale (sésame, avocat ou autre), de 1 à 3 fois par jour.
Huile essentielle en externe : On dilue l’huile essentielle dans l’huile végétale à raison de 20 gouttes pour 100 mL d’huile. Dans ce cas-ci, l’huile de ricin est idéale pour bonifier les effets du boswellia. On applique une petite quantité de ce mélange quotidiennement sur les articulations douloureuses, souvent en concomitance avec la prise à l’interne de la résine en poudre. Également, on peut appliquer 1 ou 2 gouttes directement sur le front pour induire un état propice à la méditation et à l’introspection.
Précautions et contre-indications
- Les femmes allaitantes et les enfants de plus de 2 ans peuvent en consommer en doses modérées, ajustées en fonction du poids, pour les enfants. Par précaution, il est recommandé d’éviter d’utiliser le boswellia pour soigner les femmes enceintes ou de jeunes bambins.
- En théorie, le Boswellia serrata pourrait modifier ou alors contribuer aux effets des médicaments immunosuppresseurs. Certaines recherches in vitro suggèrent que les extraits de boswellia pourraient inhiber les médiateurs des troubles auto-immuns tels que les leucotriènes et réduire la production d’anticorps. (12)
- Le boswellia tend à diminuer l’absorption de certains médicaments, notamment les antidépresseurs, neuroleptiques et bêta-bloquants, car il inhibe différentes enzymes qui favorisent leur métabolisation au niveau du foie. (13)
- Les capsules peuvent causer de l’irritation gastrique. Dans ce cas, consommer le boswellia quelques minutes après les repas.
- L’huile essentielle peut causer une réaction allergique à ceux qui ont une sensibilité à la famille des burséracées. En cas de doute, on peut faire un test sur la peau pour vérifier cette possibilité avant l’usage.
- La résine peut devenir psychotrope, à très fortes doses.
Trouvez l’approche de désintoxication qui vous convient grâce à notre formation :
(2) nutrixeal-info.fr/index/boswellia-serrata/
(3) easyayurveda.com/2015/07/14/shallaki-boswellia-serrata/
(4) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22171782/
(5) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27091399/
(6) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14691050/
(7) passeportsante.net/fr/Solutions/HuilesEssentielles/Fiche.aspx?doc=huile-essentielle-encens
(8) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3309643/
(9) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4175880/
(10) easyayurveda.com/2015/07/14/shallaki-boswellia-serrata/
(11) darwin-nutrition.fr/super-aliments/boswellia/
(12) naturalmedicines.therapeuticresearch.com/tools/interaction-checker.aspx#
(13) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16364338/
