
Plus que la digestion
Un des concepts de base important à comprendre en ayurvéda est celui d’agni, la manifestation de l’élément Feu dans le corps. Agni correspond au pouvoir de transformation et désigne donc en grande partie la digestion, mais également l’ensemble des processus métaboliques qui transforment les nutriments en tissus organiques (dhatus) et qui permettent d’accumuler de l’énergie vitale (ojas).
L’ayurvéda insiste beaucoup sur l’importance du système digestif, la digestion et l’absorption des nutriments étant essentiels à la santé de l’organisme. En effet, lorsque notre capacité de transformer les nutriments est perturbée, les substances ingérées sont improprement métabolisées et deviennent ce que l’on appelle ama, les toxines métaboliques.
Dhatu agni
Jatharagni, situé au niveau du duodénum, est la partie d’agni qui décompose la nourriture en molécules plus petites pour en extraire les nutriments utiles. C’est de cet agni dont il est question lorsque l’on parle au sens large du « feu digestif », autrement dit de la digestion. Néanmoins, l’ayurvéda identifie douze autres types d’agni, un pour chaque famille de tissus organiques (dhatus) et un pour chacun des cinq grands éléments (pancha mahabhutas).
Ces « feux » représentent les différents processus chimiques métaboliques et enzymatiques responsables de la formation des dhatus et des déchets normalement rejetés par le corps (malas).
Chaque dhatu est transformé par une action chimique, effectuée par un « feu » (agni) qui lui correspond : rasa agni, rakta agni, mamsa agni et ainsi de suite. Dans les cas où les tissus diminuent en quantité ou en qualité, une déficience du métabolisme et une malabsorption des nutriments sont souvent impliqués, ce qui engendre la malnutrition des dhatus. Ce phénomène affecte chacun des dhatus successivement et progressivement, suivant l’ordre de leur formation dans le corps.
Kostha et agni bheda : classification du feu digestif
Le concept de kostha réfère à la vitesse à laquelle le corps consume et fait transiter la nourriture et ses nutriments. Lors d’un traitement ayurvédique, la vitesse de la digestion est évaluée afin de savoir quelle quantité de remède doit être administrée à la personne, afin de préciser au mieux les dosages à recommander.
- Krura kostha : très rapide, appétit excessif, dosages élevés
- Madhyama kostha : normal, dosages moyens
- Mrdu kostha : doux, fragile, lent, dosages réduits
Par ailleurs, cette autre classification du feu digestif distingue quant à elle les déséquilibres des doshas et des problématiques qu’ils engendrent au niveau d’agni :
- Vishama agni : dérangée, absorption partielle, causant constipation ainsi que gaz et ballonnements (vata)
- Manda agni : pauvre, faible, causant lenteur et lourdeur digestive (kapha)
- Tikshna agni : très rapide, intense, boulimique, causant acidité gastrique et diarrhée (pitta)
- Sama agni : digestion normale
Quand agni est déséquilibré
La fabrication de nouveaux tissus sains nécessite une digestion et une absorption adéquates. Il en va de même pour que la médecine interne, c’est à dire les remèdes que l’on ingère, fonctionnent correctement. Selon l’ayurvéda, la plupart des maladies commencent lorsque la digestion est déséquilibére et qu’elle engendre alors une malabsorption ainsi qu’une accumulation de toxines perturbant à son tour les échanges chimiques dans l’organisme.
Par exemple, si jatharagni est trop fort, il cause des brûlements et des ulcères, tandis que s’il est trop faible, il ne parvient pas à transformer efficacement les aliments et ama s’accumule, par conséquent. La prévention des maladies implique donc une digestion optimale afin de bien assimiler la nourriture, d’expulser les déchets efficacement et de permettre au foie de désintoxiquer l’organisme, ce qui évite l’accumulation de toxines.
Voici quelques-unes des causes courramment mentionnées en ayurvéda pour expliquer les déséquilibres qui surviennent au niveau du système digestif :
- Consommation de nourriture trop lourde, trop sucrée ou en trop grande quantité
- Consommation de café, thé, tabac et autres drogues stimulantes
- Mauvaises combinaisons alimentaires
- Manger sans appétit ou à un moment inadéquat
- Déséquilibre d’un ou plusieurs doshas via l’alimentation
- Manque d’activités physique, sédentarité excessive
Rétablir l’équilibre d’agni
Rétablir une bonne digestion et des processus de transformation efficaces est toujours la priorité d’un traitement ayurvédique. Pour ce faire, du côté de l’alimentation, on emploie notamment des substances amères et piquantes. Les substances piquantes réchauffent l’organisme, alimentent un feu digestif trop faible, stimulent la salivation et les sécrétions gastriques.
Les substances amères sont elles aussi apéritives et elles encouragent les sécrétions digestives, mais elles sont moins réchauffantes que les piquantes, ce qui convient aux constitutions dites plus « chaudes », et elles améliorent le fonctionnement et la santé du foie, un organe clé du système digestif.
Voici une liste d’aliments courants qui possèdent des saveurs amères et/ou piquantes. Référez-vous également à l’article Les 6 saveurs et l’alimentation pour approfondir sur le sujet.

Évidemment, le système digestif est directement influencé par la nourriture que l’on ingère, mais aussi par les habitudes de vie. Par conséquent, il convient de maintenir des habitudes favorisant son bon fonctionnement. Voici quelques exemples à intégrer au quotidien pour soutenir la digestion :
- Boire des tisanes aromatiques après les repas pour éviter l’accumulation de gaz intestinaux tout en stimulant quelque peu agni. À cet effet, le fenouil, le cumin et la cardamome sont des carminatifs idéaux.
- Éviter de prendre une douche ou de se baigner à la suite d’un repas, que le sang demeure concentré au système digestif et non à la surface de la peau ; la qualité (guna) froide de l’élément Eau ralentit le métabolisme.
- Effectuer chaque jour quelques exercices, prendre une marche après les repas.
- Manger lorsque l’on ressent la faim, ne pas « manger maintenant pour éviter d’avoir faim plus tard ».
- Consommer le plus gros repas de la journée et la majorité des aliments crus vers midi, car pitta est alors à son apogée.
- Autant que possible, souper avant 20h pour dormir l’estomac léger et se coucher avant 23h, observer un jeûne quotidien de 12h à 18h, selon votre nature ayurvédique (prakriti).
- Manger lentement pour mieux ressentir la satiété et mastiquer longuement les aliments pour améliorer leur digestibilité.

Je trouve cet article intéressant mais je sais pas où me situer car après chaque repas j’ai des diarhee j’aurai aimer avoir des conseils
Merci beaucoup
Bonjour Francine, plusieurs éléments sont à considérer concernant cette problématique, nottamment la couleur et apparence des selles, s’il y a présence de douleur ou bien des sensations de chaleur, de lourdeur, etc. Avec ce que vous nous dites, il est possible sous toutes réserves qu’il s’agisse d’un déséquilibre de pitta, causant un excès de feu dans le corps, empêchant la formation d’un bol alimentaire assez solide. Les nutriments n’ont alors pas le temps d’être absorbés par les intestins. Vous pourriez essayer de manger des aliments astringents qui absorberont les surplus de liquide et protègeront la paroie intestinale, ainsi que des aliments amers en apéritif pour favoriser la productions de sucs gastriques sans créer de chaleur supplémentaire dans le système digestif. Nous vous invitons à pousser plus loin vos investigations en consultation ayurvédique avec Jonathan, à consulter nos autres articles sur l’alimentation et à vous procurer nos formations sur la digestion et sur l’alimentation.
Merci pour ce partage d’information.
C’est très clair. Facile a intégrer.
Merci beaucoup pour votre commentaire !