
Un sédatif naturel hors du commun
La scutellaire est une plante sans égal pour apaiser le système nerveux. Cette douce lamiacée aux fleurs délicates est tout indiquée pour les états d’anxiété et de nervosité, en cas de crise aiguë ou bien à plus long terme pour gagner en confiance et affronter les aléas d’une vie stressante. Se détendre les muscles, mieux dormir, apaiser les pensées obsessionnelles, c’est sa spécialité ! Découvrons cette plante alliée incomparable, qui accompagnera efficacement les plus stressés d’entre nous.
Nom latin : Scutellaria lateriflora
Autres langues : scullcap ou skullcap (anglais)
Famille botanique : lamiacées
Description : La scutellaire est une plante herbacée vivace qui vivra 3 à 4 années avant de laisser place à de nouvelles pousses. Elle peut atteindre entre 35 et 90 cm de hauteur. Sa tige est dressée, rigide et carrée, caractéristique typique des lamiacées. Elle est velue et verdâtre, marquée de rouge vin. D’un beau vert pâle, ses feuilles sont opposées, lancéolées et légèrement dentelées. Elles sont de plus en plus petites vers le haut de la plante. Ses fleurs sont toutes petites et souvent d’un joli bleu violacé. Velues elles aussi, de forme tubulaires et labiées, elles sont groupées par deux, en grappes de 5 à 20 fleurs. La plante fleurit de juillet à août. Ses petits fruits en forme de casque renferment 4 minuscules graines de couleur crème.
Distribution : À l’état sauvage, on la trouve principalement en Amérique du Nord, notamment du Midwest américain jusqu’au sud du Manitoba, ainsi que de la côte Est de la Caroline du sud jusqu’à Terre-Neuve, incluant le sud du Québec. Elle apprécie les milieux humides et rocailleux comme les abords des lacs et cours d’eau, ou bien dans les prairies et forêts d’arbustes. Elle se cache souvent parmi des plantes plus volumineuses, aux côtés d’autres variétés de lamiacées.
Parties utilisées : On utilise les feuilles et les sommités fleuries fraîches ou séchées, bien qu’elle ne se conserve guère plus de quelques mois une fois séchée.
Constituants : La scutellaire est riche en oligo-éléments tels que le chrome, le cobalt, le fer, le manganèse, le silicium, le zinc, le cuivre et surtout le sélénium qui apaise le système nerveux. Elle contient aussi du calcium, du magnésium, du phosphore, du potassium, du sodium ainsi que quelques vitamines (A, B1, B2, B3 et C). Elle renferme par ailleurs des flavonoïdes, dont entre autres la scutellarine, la baïcaline et la lignine, ainsi que des iridoïdes, du catalpol, de la résine, des tanins et des huiles essentielles. (1)
Récolte : Pour profiter au maximum de ses effets médicinaux, il faut cueillir les sommités fleuries ainsi que les feuilles lorsque les fleurs commencent à apparaître. On la transforme en teinture lorsqu’elle est fraîche. On peut aussi faire sécher la plante entière, tiges vers le bas, pour en faire des infusions. On la conserve sans les tiges dans un pot hermétique ou un sac de papier brun, à l’abri du soleil.
Profil ayurvédique
Saveurs principales (rasa) : sucré/doux, amer
Saveur post-digestive (vipaka) : doux
Caractéristiques (gunas) : aucun guna spécifique
Effet sur les doshas : apaise vata et pitta, aggrave kapha, en excès
Potentiel (virya) : réchauffant
Affinité avec organes et tissus (dhatus) : nerfs, majja dhatu
Propriétés médicinales générales
Antispasmodique / Anti-convulsivant : Cette plante aide à contrôler les tremblements, notamment dans la maladie de Parkinson, ainsi qu’à diminuer les tics nerveux et le bruxisme. En somme, elle aide à relâcher les tensions musculaires dans tout le corps. Ses principes amers et cet effet antispasmodique peuvent aussi favoriser une meilleure digestion, bien que cela ne soit pas son domaine de prédilection. (2, 3)
Antioxydant : Le stress oxydatif, qui résulte d’un déséquilibre entre les radicaux libres et les antioxydants, est lié à plusieurs maladies dont certains cancers. La baïcaline, un puissant flavonoïde antioxydant présent dans la scutellaire, est réputée diminuer de façon notables le stress oxydatif. Une étude démontre notamment qu’elle a réduit les cellules cancéreuses chez des patients atteint de cancer du pancréas, des ovaires et de la prostate. (4)
Propriétés : système nerveux
Tonique nerveux : La scutellaire rétablit et soutient le système nerveux en général. Elle est utilisée sur le long terme pour des troubles nerveux chroniques mais aussi dans des moments de crises. Effectivement, la scutellaire agit sur les récepteurs GABA, impliqués dans la sensation de bien-être. Elle fournit au cerveau plusieurs précurseurs de neurotransmetteurs, permettant de combler les manques et d’augmenter leur production. On l’utilise donc pour se sevrer de différentes substances potentiellement toxiques telles que la caféine, la nicotine, le sucre et autres alcaloïdes ou narcotiques. Son utilisation accroît par ailleurs l’effet des drogues et des médicaments psychoactifs servant à relâcher ces mêmes neurotransmetteurs. (5)
Trophorestaurateur du système nerveux : Cette plante contribue à reconstruire un système nerveux abîmé. Autrement dit, elle accélère la régénération des cellules nerveuses à partir des cellules souches et répare activement les nerfs endommagés et douloureux, au fil du temps. (6)
Calmant : Au quotidien, la scutellaire apaise l’esprit sans « assommer », sauf lorsque la fatigue s’est accumulée significativement et qu’elle nous empêche soudainement d’y résister. Elle réduit les inquiétudes, l’agitation mentale et les états d’émotivité excessive. Elle apaise efficacement les excès vata, les états d’anxiété, l’angoisse généralisé ainsi que l’insomnie, notamment lorsque des pensées obsessionnelles et récursives surviennent la nuit. D’ailleurs, elle a la capacité de maintenir l’attention durant le jour puis de nous inciter au sommeil, le soir venu. Elle sera d’autant plus efficace, voir temporairement sédative pour les personnes fortement en manque de sommeil. (7)
Analgésique : Elle diminue dans une certaine mesure la sensibilité aux douleurs corporelles de toute sorte. Sur un usage à long terme, elle serait donc progressivement bénéfique pour les personnes souffrant de fibromyalgie et de douleurs musculaires chroniques. De plus, sans être spécifique au système reproducteur, la scutellaire sera malgré tout utile pour apaiser les tensions et douleurs utérines, les migraines, l’hypersensibilité et l’irritation nerveuse liés au SPM.
Les premiers traités d’herboristerie témoignent de l’utilisation de la scutellaire pour calmer les états de crise d’hystérie et d’épilepsie ainsi que pour soigner la rage et divers troubles neurologiques tel que la schizophrénie. Ses vertus thérapeutiques sont par ailleurs utiles tant pour le traitement des douleurs névralgiques que pour les troubles fonctionnels du système nerveux, y compris chez les enfants.
Propriétés : système cardio-vasculaire
Anti-hypertenseur : L’effet calmant et antispasmodique de cette plante apaisera doucement l’hypertension. Elle empêche la pression cardiaque d’augmenter, surtout lorsque le stress est en cause (effet anti-hypertenseur) mais elle peut par ailleurs procurer un léger effet hypotenseur. Elle sera donc utile pour différents problèmes cardiaques tels que la tachycardie et l’arythmie.
Tonique cardiaque : C’est encore une fois la baïcaline présente dans la scutellaire qui sera utile pour protéger le cœur de différents troubles, y compris la myocardite et les attaques cardiaques, vu ses propriétés antioxydante et anti-inflammatoire. (8)
Folklore et usages traditionnels
Diverses parties de la scutellaire, comme ses racines et ses feuilles, ont été utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise et amérindienne pour traiter une grande variété de maux, allant de la diarrhée aux douleurs chroniques. (9)
La plante était également utilisée pour soigner la chorée de Sydenham, une maladie infectieuse du système nerveux central, que l’on appelait à l’époque la danse de Saint-Guy !
Dosages et modes d’utilisation
Tel que mentionné précédemment, on peut consommer la scutellaire à long terme pour soutenir et réparer le système nerveux au fil des mois et des années, ou encore on peut l’utiliser de façon spontanée pour gérer un état de crise.
Tisane : Avec la plante séchée dans la dernière année, infuser 1 c. à soupe dans 1 tasse d’eau bouillante pendant une bonne quinzaine de minutes ou faire une décoction en faisant bouillir les feuilles à feu doux dans de l’eau pendant 10 minutes. Boire 1 à 4 tasses par jour.
Teintures, concentré liquide : Pour une teinture d’alcool de concentration 1:2, prendre de 20 à 80 gouttes, 1 à 4 fois par jour ou selon les recommandations d’un(e) herboriste. L’alcool est réputé meilleur extracteur que l’eau pour certains constituants de la scutellaire. On peut aussi garder une dose sur la table de nuit et la prendre si on se réveille la nuit et que des pensées en boucles surviennent, nous empêchant de se rendormir.
Capsules : Prendre de 1 à 2 g avec un peu d’eau, 1 à 4 fois par jour.
Huile : Une macération huileuse de scutellaire pourrait être utile pour apaiser les douleurs nerveuses et musculaires, en application externe.
Précautions et contre-indications
- On lui suspecte souvent une certaine toxicité pour le foie. On la confond en fait avec d’autres plantes de la famille des germandrées. Il faut donc s’assurer de sa provenance et de son authenticité avant d’en consommer.
- Étant donné qu’elle augmente la production de neurotransmetteurs, elle augmente sensiblement l’effet des médicaments sédatifs et psychoactifs en général.
- La scutellaire arrive parfois à diminuer la pression en deçà du niveau souhaitable chez les personnes très hypotendues ou sous forte médication contre l’hypertension.
- C’est une plante sans danger à prendre pendant la grossesse. En fait, elle bénéficiera aux futures mamans anxieuses, insomniaques ou qui vivent de l’hypertension.
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(2) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3281244/
(3) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18786819/
(4) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5079443/
(5) magonlinelibrary.com/doi/epdf/10.12968/bjow.2010.1.4.49168
(6) Mackay, D. 40 plantes médicinales dont 12 aromatiques pour la pharmacie familiale et la table. Saint-Didace : Colloïdales, 2019. 239 p. ISBN 9782981027443
(7) passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=scutellaire_ps
(8) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27071824/
(9) healthline.com/nutrition/skullcap
