
Spécialiste du cerveau
Le bacopa est une plante de la pharmacopée ayurvédique dont les propriétés médicinales sont reconnues depuis des millénaires. Parmi les plantes régénératrices, dites rasayana en ayurvéda, le bacopa est le spécialiste du cerveau et de ses fonctions. Le bacopa améliore en effet les facultés mentales et la mémoire, voire même les sens de l’odorat et du goût. D’ailleurs, les personnes âgées en Inde se servent du bacopa pour conserver de bonnes capacités cérébrales, malgré le vieillissement. Le terme bacopa signifie littéralement « conscience en expansion ».
Nom latin : Bacopa monnieri
Autres langues : brahmi (sanskrit), hysope d’eau (français), water hyssop (anglais)
Famille botanique : scrofulariacées
Description : Le bacopa est une plante succulente de 10 à 30 cm de hauteur. Plusieurs tiges charnues montent à travers de petits noeuds. Les feuilles sessiles sont vertes pâles et peuvent être dotées de quelques taches noires. Les fleurs à cinq pétales sont de couleur mauve pâle ou blanche. Les graines sont brunes, lisses, de forme aplatie et ronde.
Distribution : Le bacopa se propage naturellement dans des endroits au climat humide, marécageux et chaud de l’Inde et du Sri Lanka, notamment aussi dans l’État de la Floride ainsi qu’en Amérique centrale. (1)
Parties utilisées : On utilise surtout les feuilles et les fleurs, séchées et généralement réduites en poudre. Les racines peuvent également être utilisées pour certaines situations spécifiques.
Constituants : La plante contient des flavonoïdes, des saponines (bacosides A et B, hersaponines), les vitamines B1, B2 et C, des minéraux (phosphore, calcium, fer), des alcaloïdes (brahmine et herpestine), de la niacine (B3) ainsi que des acides aminés, des hydrates de carbone et des oxalates. (2, 3)
Récolte : La plante est récoltée au courant de l’été, à mesure que les fleurs s’épanouissent. Après avoir pressé les feuilles et les tiges pour en faire un jus, ce qui reste est séché et réduit en poudre. Celle-ci conserve son potentiel optimal pour une durée d’environ 6 mois, après quoi son efficacité diminue peu à peu.
Profil ayurvédique
Saveurs principales (rasa) : amer, astringent
Saveur secondaire (rasa) : sucré/doux
Saveur post-digestive (vipaka) : sucré/doux
Caractéristiques (gunas) : léger, onctueux, mobile
Effet sur les doshas : tridoshique, mais aggrave vata en cas d’excès
Potentiel (virya) : rafraîchissant
Affinité avec organes et tissus (dhatus) : majja dhatu, cerveau, système nerveux
Effet spécial (prabhava) : améliore les fonctions mentales supérieures comme celles nécessaires à la créativité, la littérature, la mémoire et les mathématiques.
Propriétés médicinales générales
Régénérateur et tonique immunitaire : Le bacopa est réputé augmenter la résistance générale du corps. Son contenu en saponines favorise l’accumulation de l’énergie vitale, ojas lié au fonctionnement du système immunitaire en ayurvéda. Alors que l’herboristerie ayurvédique atteste des effets régénérateurs du bacopa, qualifié de rasayana pour le cerveau, il semble que la plante favorise réellement la régénération cellulaire au niveau du système nerveux. De nombreuses personnes ayant perdu le goût et l’odorat, suite à des dommages neurologiques vraisemblablement dûs à un syndrome post-viral par exemple, ont attesté avoir retrouvé leurs perceptions sensorielles, après une prise prolongée de bacopa.
Antioxydant : Le contenu en bacosides et en vitamine C du bacopa en fait un antioxydant cérébral remarquable. En effet, des études ont démontré que ces composants neutralisent les radicaux libres à l’origine du stress oxydatif, tout en empêchant les cellules adipeuses de réagir à ces mêmes radicaux libres. (4)
Chélateur : Le bacopa se lie chimiquement aux métaux lourds tels que le plomb pour permettre leur élimination. Cet effet semble marqué au niveau du cerveau alors que des personnes intoxiquées aux métaux lourds rapportent des effets secondaires initialement à l’usage du bacopa tels que brouillard mental et sensation de toxicité, des manifestation disparues par la suite une fois l’organisme grossièrement désintoxiqué.
Anti-inflammatoire : Les alcaloïdes présents dans le bacopa lui confère des propriétés anti-inflammatoires efficaces au niveau du cerveau. Plus précisément, ces composants inhibent la libération de cytokines inflammatoires produites par les cellules immunitaires et ils inhibent également certaines enzymes associées à l’inflammation cérébrale. De ce fait, le bacopa constitue une source prometteuse de nouvelles thérapies en médecine moderne pour soigner différents troubles du système nerveux central. (5)
Propriétés : système nerveux
Tonique et trophorestaurateur du système nerveux : Les saponines contenues dans le bacopa, incluant les bacosides, ont la capacité d’améliorer les transmissions d’influx nerveux. Cela favorise admirablement l’état d’éveil, la clarté mentale et l’optimisation des facultés intellectuelles avancées comme la mémoire, la créativité ainsi que la motivation. La littérature scientifique compte plusieurs études rapportant que des personnes atteintes de troubles mentaux ou psychiques ont vu une amélioration de leur état suite à la prise de bacopa. Notamment, on propose fréquemment cette plante aux personnes atteintes de démence ou de la maladie d’Alzheimer. De plus, grâce à cette capacité à optimiser l’intellect et à augmenter la concentration, on le propose souvent aux adultes et enfants vivant avec le trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH), en concomitance avec l’aubépine, l’avoine fleurie et le basilic sacré. (6, 7, 8, 9)
Calmant, antispasmodique et anticonvulsif : Cette plante agit comme calmant pour le système nerveux, supportant les fonctions cérébrales et la vigilance en toute tranquillité et avec moindre effort. Par conséquent, cela aura des effets semblables aux plantes dites adaptogènes, en nous rendant plus résistants au stress de la vie moderne et en apaisant les états d’anxiété. Également, son contenu en niacine et en acides aminés est responsable de l’effet du bacopa sur les nerfs reliés aux muscles en particulier. En effet, ces composants favorisent l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur qui permet aux neurones rattachés aux fibres musculaires de transmettre efficacement les influx nerveux tout en les aidant à revenir à un état neutre après leur activation. Les muscles subissent alors moins de spasmes et il est plus facile de détendre ceux-ci.
Neuroprotecteur : Les propriétés anti-inflammatoire et anticonvulsive du bacopa sont ici mises de l’avant pour contribuer à la protection du cerveau en tant que tel. Les alcaloïdes combinés à la niacine et aux acides aminés font en sorte de favoriser le maintien de structures cérébrales saines et de prévenir les cascades de symptômes causés par différentes pathologies telles que l’épilepsie ou la maladie de Parkinson. (10)
En termes ayurvédiques, le bacopa est réputé équilibrer sadhaka pitta, le sous-dosha de pitta qui représente le « feu sacré » du coeur, entre autres responsable des fonctions mentales, du sentiment de fierté et de la confiance en soi. Ainsi, la plante nous aide à se sentir empli de contentement, sereins et satisfaits. (11)
Propriétés : système circulatoire
Tonique lymphatique : La plante a une action positive sur la circulation lymphatique. Néanmoins, elle ne procure pas un nettoyage très brutal de la lymphe, ce qui convient lorsque l’on a besoin d’une plante douce. Elle aide malgré tout à éliminer les toxines au niveau de la peau : on l’applique à l’externe en cataplasme en cas de dermatite, eczéma ou psoriasis.
Tonique cardiaque : L’effet antispasmodique mentionné ci-haut s’applique également au muscle cardiaque. Donc, le bacopa permet au coeur de se renforcir progressivement et, ainsi, de battre plus efficacement. En outre, cela peut avoir comme effet de régulariser quelque peu une pression sanguine trop élevée, le coeur devenant plus performant et faisant circuler le sang de façon optimale.
Folklore et usages traditionnels
Le bacopa est tellement estimé qu’il est appelé Brahmi en sanskrit, en référence à Brahma, le dieu créateur du panthéon hindou. La plante est mentionnée vers le VIe siècle de notre ère dans la grande trilogie des textes classiques ayurvédiques (Charaka Samhita, Sushruta Samhita et Astanga Hrdayam) et dans les textes sacrés de l’Atharva-Veda. Cette plante est traditionnellement utilisée dans les rituels hindous pour ouvrir les portes de la connaissance aux nouveau-nés. (12)
Dosages et modes d’utilisation
Le bacopa peut être consommé sur de longue période, voire même toute la vie. On en consomme plus intensément quelques semaines pour améliorer nos facultés cognitives, puis on le maintient sur une base régulière, en doses moins importantes, pour maintenir les facultés acquises et pour ses effets régénérateurs ainsi que neuroprotecteurs. Ses effets sur la concentration se font souvent sentir dès les premières utilisations, chez les personnes ayant une relativement bonne santé en général.
Poudre : Ingérer 1 à 2 c. à table de la poudre de bacopa 1 ou 2 fois par jour, idéalement sur estomac vide, dans un peu d’eau ou alors avec un peu de nourriture si la saveur se révèle trop intense.
Comprimés : En Occident, c’est la manière la plus répandue de consommer le bacopa, à raison d’un ou deux comprimé de 300 à 600mg le matin, à jeun ou après un repas. On peut répéter cette dose en début d’après-midi, en cas de fatigue mentale.
Infusion : On prépare l’infusion en versant 1 tasse d’eau bouillante sur 1 c. à soupe de plante séchée. On laisse reposer 10 à 15 minutes avant de filtrer et boire, tiède ou refroidi, à raison de 2 ou 3 tasses par jour.
Jus frais : On consomme de 10 à 20 ml de jus par jour, ou bien on l’applique en externe en cas d’oedème, de rhumatismes ou de dermatites.
Ghee infusé ou huile macérée : Quelques gouttes d’huile ou de ghee infusé de bacopa, appliquée dans les narines, est efficace pour transporter un maximum de constituants médicinaux directement au cerveau à travers les petits capillaires des sinus.
Précautions et contre-indications
- Le nom « brahmi » correspond généralement au bacopa, mais parfois aussi au gotu-kola (Centella asiatica). Il est vrai que leurs usages sont en général interchangeables, bien que certains experts affirment que, toutes propriétés confondues, le bacopa est plus efficace pour l’esprit et le gotu-kola pour les tissus, le sang, la peau et le foie. Toutefois, les deux plantes sont réputées comme étant d’excellents rasayanas. (13)
- Certains effets secondaires temporaires sont à prévoir pendant une désintoxication de métaux lourds, tels que de la somnolence, des maux de tête ou des nausées, puisque la plante favorise la circulation des fluides cérébraux et par conséquent la circulation des toxines situées au niveau du cerveau.
- Le bacopa semble inhiber l’acétylcholinestérase, ce qui pourrait produire des effets cholinergiques, tel que l’augmentation des sécrétions. Théoriquement, cela pourrait exacerber les obstructions et ulcères gastro-intestinaux, les affections pulmonaires et les obstructions du tractus urogénital. (14)
- Le bacopa pourrait réduire l’hépatotoxicité et la neurotoxicité causées par la prise de morphine. Il soulagerait aussi le « cerveau embrumé », un effet secondaire de la prise de Dilantin, un médicament pour contrôler l’épilepsie. (15)
Pour apprendre davantage sur l’usage des plantes en ayurvéda :
(2) Khalsa, K. P. S. et M. Tierra. The Way of Ayurvedic Herbs. Twin Lake : Lotus press, 2008. 372 p. ISBN 9780940985988.
(3) Dash, B. Materia medica of Ayurveda based on Madanapala’s Nighantu. New Delhi : B. Jain Publ., 2001. 780 p. ISBN 9788131905197.
(4) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4564646/
(5) ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5269610/
(6) organicindiausa.com/blog/bacopa-an-ayurvedic-nootropic/
(7) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18683852/
(8) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24682000/
(9) Winston, D et S Maimes. Adaptogens : herbs for strength, stamina, and stress relief. Rochester, VT : Healing arts press, 2007.324 p. ISBN 9781594771583.
(10) www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7936099/
(11) banyanbotanicals.com/info/blog-the-banyan-insight/details/bacopa-ayurvedic-brain-food/
(12) organicindiausa.com/blog/bacopa-an-ayurvedic-nootropic/
(13) Smith, A. Dravyaguna pour les occidentaux. 2e éd. [S.l.] : CreateSpace, 2013. 374 p. ISBN 9781494253929.
(14) naturalmedicines.therapeuticresearch.com/databases/food,-herbs-supplements/professional.aspx?productid=761
(15) Winston, D et S Maimes. Adaptogens : herbs for strength, stamina, and stress relief. Rochester, VT : Healing arts press, 2007.324 p. ISBN 9781594771583.

Bonjour,
Très intéressant et je suis intéressée à l’acheter, où puis-je la trouver en capsule? Je suis en Montérégie à Varennes.
Merci beaucoup, Kristel
Bonjour Kristel, le site iherb.com est une référence fiable et rapide pour commander de nombreux produits ayurvédiques dont le Bacopa. Pour cette plante, nous recommandons principalement la compagnie Himalaya (comprimés de 750 mg), ou encore Nature’s answer (capsules de 500mg).
Merci pour ce partage !
Bienvenue! C’est toujours un plaisir de partager nos connaissances.
Merci!!
Que de renseignements 🌱..à essayer, assurément!
Je consommais Rodhiola pour les mêmes raisons..🤯 mais cela me semble une belle avenue!
Bienvenue ! Oui ce serait intéressant d’essayer pour voir si les deux plantes ont sensiblement les mêmes effets sur vous. Le Rhodiola me semble indiqué pour mieux gérer le stress et la fatigue plus particulièrement, ce qui aidera la concentration et les facultés mentales, alors que l’effet « adaptogène » du bacopa tient plus de son action sur le cerveau et le système nerveux directement, ce qui aidera à gérer le stress ! Deux modes d’action intéressants à comparer.