
Allié des femmes de tous âges
Le shatavari n’a pas d’égal pour soutenir la femme à toutes les étapes de sa vie, en particulier au niveau de ses organes sexuels. C’est un régulateur hormonal hors pairs qui nourrit, tonifie et lubrifie le système reproducteur féminin tout en supportant les capacités d’adaptation de l’organisme en général. Son effet rafraîchissant apaise efficacement les problématiques liées à un excès de chaleur telles que les inflammations et les sensations de brûlure. (1)
Nom latin : Asparagus racemosus
Autres langues : shatavari (sanskrit), satavare (hindi), indian asparagus (anglais), tian men dong (chinois)
Famille botanique : liliacées
Description : Le shatavari est une plante grimpante vivace à la tige fine et au feuillage diffus, comme ses sœurs l’asperge et le fenouil. Il s’élève de 1 à 2 mètres de hauteur et pousse en forêt, s’accrochant aux buissons avoisinants. Il sèche ou meurt pendant l’été, puis à l’automne il renaît de ses racines pour fleurir. Ses nombreuses et délicates fleurs blanches produisent des baies d’un rouge intense. Les racines tuberculeuses, également très nombreuses, sont courtes et munies de plusieurs ramifications.
Distribution : Le shatavari pousse dans les forêts tropicales et subtropicales ; il aime la lumière et un sol assez compact. On le retrouve dans plusieurs forêts de l’Inde et de l’Asie, bien que, dû à la déforestation et à la surexploitation dans son habitat naturel, il soit considéré dans certaines régions comme une espèce en danger. (1,2)
Parties utilisées : tubercules, préférablement frais, feuilles
Constituants : Cette plante nutritive contient des saponines (shatavarin), plusieurs antioxydants (racemofuran, asparagamine A, racemosol) et des glucides (polysaccarides, mucilages). On y retrouve également des flavonoïdes dans les fleurs et les fruits (quercétine, rutine, hypéroside), du sitostérol ainsi que des minéraux, surtout dans les racines : zinc, manganèse, cuivre, cobalt, calcium, magnésium, potassium, sélénium.
Récolte : La récolte elle-même n’est pas une tâche facile. Un grand trou doit être soigneusement creusé autour des racines afin de ne pas endommager les nombreuses ramifications lorsqu’on les retire du sol. Cela peut prendre jusqu’à une demi-heure par plante – plus longtemps si le sol est profond et rocheux. Une fois récoltée, chaque racine est soigneusement lavée et pelée pour enlever l’épaisse couche extérieure, puis étalée sur des supports de séchage. (2)
Profil ayurvédique
Saveurs principales (rasa) : sucré/doux, amer
Saveur post-digestive (vipaka) : doux
Caractéristiques (gunas) : lourd, onctueux
Effet sur les doshas : apaise vata et pitta, aggrave kapha
Potentiel (virya) : rafraîchissant
Affinité avec organes et tissus (dhatus) : organes reproducteurs féminins, rakta dhatu, shukra dhatu
Propriétés médicinales générales
Régénérateur : Le shatavari est considéré comme une plante régénératrice, dite rasayana en ayurvéda. Tout en nécessitant un minimum de feu digestif (agni), il aide à reprendre du poids en cas d’émaciation ou de dégénérescence des tissus (dhatus). Il est souvent préparé en décoction de lait à cette fin. Le shatavari accentue les formes féminines en favorisant une production optimale d’œstrogènes. Son aspect rasayana s’explique en partie par la présence d’antioxydants exceptionnels ainsi que des phyto-estrogènes et des saponines, incluant le shatavarin. (3)
Adaptogène : Progressivement tonique et fortifiant pour le système nerveux, le shatavari aide à mieux gérer le stress tout en soutenant l’activité des glandes surrénales, ce qui augmente le niveau d’énergie général. Il apaise peu à peu les états anxieux et dépressifs, il est aussi utilisé dans des protocoles à long terme adressant des pathologies neurologiques comme l’épilepsie ou la schizophrénie. Par ailleurs, son effet rafraîchissant calme les irritations aux nerfs pouvant engendrer la sensation de mains et pieds brûlants. (4,5)
Tonique immunitaire : Cette plante augmente au besoin la quantité de globules blancs dans le sang lorsque ceux-ci font défaut. Selon une étude réalisée en 2004, les animaux traités avec un extrait de racine de shatavari présentaient une augmentation des anticorps contre une souche de coqueluche, contrairement aux animaux non traités. Les animaux traités se sont rétablis plus rapidement et leur état de santé général s’est amélioré. Les recherches semblent également démontrer que le shatavari inhibe le cancer du sein tout en stimulant une réaction immunitaire à celui-ci. (6, 7, 8)
Diurétique : Le shatavari favorise l’élimination par les reins, il est utilisé en cas d’urination peu abondante et il est réputé très efficace pour apaiser rapidement les inflammations au système urinaire. Il aide ainsi à éliminer l’excédent de liquide, les toxines et les déchets du corps, tout en réduisant les effets secondaires de nombreux médicaments. Une étude semble corroborer l’usage du shatavari comme antilithique, pour prévenir la formation de pierres d’acide oxalique aux reins. (9)
Propriétés : système reproducteur et endocrinien
Régulateur hormonal : Tonique général féminin agissant sur la glande pituitaire, il soutient la femme pour des problématiques telles qu’infertilité, dysménorrhée, leucorrhées, sécheresse, bouffées de chaleur causées par la ménopause et divers symptômes liés au sydrome prémenstruel. C’est un doux tonique sexuel autant pour la femme que l’homme ; il augmente progressivement la libido en stimulant la production de prolactine. Il fortifie les organes sexuels et accroît la quantité ainsi que la qualité du sperme. (10)
Tonique reproducteur : Par ses effets hormonaux mais aussi adaptogènes, cette plante est une alliée précieuse autant pour faciliter la fertilité et la procréation que pour favoriser une saine gestation. Le shatavari aide aussi la femme à récupérer après l’accouchement en renouvelant sa capacité à générer ses hormones, entre autres grâce à son contenu en saponines.
Galactagogue : Le shatavari stimule de manière remarquable la production de lait maternel chez la mère allaitante. Cet effet découle de sa qualité dite shukrala en ayurvéda, ce qui signifie qu’il promeut les sécrétions de nature sexuelles, y compris le lait maternel. (11)
Lubrifiant : L’effet shukrala du shatavari le rend extrêmement efficace lorsqu’il s’agit de lubrifier les organes sexuels féminins. Il agit de manière déterminante pour enrayer la sécheresse vaginale et faciliter les rapports sexuels.
Hypoglycémiant : Le shatavari réduit le taux de sucre sanguin en favorisant une meilleure production d’insuline par le pancréas. (12)
Hyperthyroïdie : Ses effets calmant, tonique des tissus (dhatus) et régulateur hormonal expliquent pourquoi le shatavari est couramment utilisé en ayurvéda pour apaiser l’hyperthyroïdie. Il est souvent utilisé en combinaison avec d’autres plantes à cet effet.
Propriétés : système digestif
Anti-inflammatoire : Le shatavari est connu pour soulager les sensations de brûlures en général. Il diminue l’acidité et les excès de chaleur liés à pitta. Il est utile en cas de diarrhée, d’hyperacidité, de dysenterie, d’ulcères d’estomac et d’irritations gastriques. Cela s’explique notamment par sa teneur en racemofuran, un antioxydant qui réduit les inflammations. (13, 14)
Bactéricide : Le shatavari est efficace pour combattre les candidoses ainsi que pour contrer les bactéries digestives entraînant flatulences, ballonnements et coliques douloureuses. (15)
Émollient : Par sa qualité onctueuse, le shatavari hydrate les membranes sèches ou irritées, ce qui la rend d’autant plus utile dans les cas d’acidité gastrique, de côlon irritable, de diarrhée et autres maladies inflammatoires du système digestif. Cette même propriété s’étend aussi au système respiratoire, en cas de bronchite et d’asthme, entre autres. (16, 17)
Folklore et usages traditionnels
Cette plante est utilisée traditionnellement dans de nombreuses formules médicinales indienne, dont des huiles fortifiantes pour le système nerveux et apaisantes pour les rhumatismes et la dysenterie. On l’utilise souvent en concomitance avec son équivalent dit masculin, l’ashwagandha (18)
Comme le suggère son nom, on attribue au shatavari un statut mythique quant aux soins apportés aux femmes et à la maternité. C’est une plante étroitement liée à l’archétype féminin. Le shatavari apparaît dans les textes aussi anciens que le Rig Véda et fait partie des rites et traditions familiales populaires indiennes.
Dosages et modes d’utilisation
Le shatavari se prête à un usage régulier sur au moins quelques semaines, voire potentiellement à long terme pendant des mois et des années.
Poudre : Ingérer ½ à 1 c. à table de poudre 1 à 3 fois par jour dans un breuvage ou de la nourriture.
Comprimés : Les produits sous forme de comprimés contiennent souvent entre 600 mg et 800 mg chacun, par ailleurs une dose allant de 600 mg à 2400 mg peut être administrée 1 à 3 fois par jour, selon les cas.
Décoction dans du lait : Ajouter 1 c. à table de racine en morceaux ou en poudre à 1 tasse de lait + 1 tasse d’eau, puis réduire par ébullition à 1 tasse de liquide au total avant de filtrer (ajouter un peu de miel, de cardamome ou de cannelle, au goût), consommer de 1 à 3 tasses par jour.
Jus frais : 10-20 ml de jus par jour
Ghee infusé ou huile macérée : en usage interne ou externe
Pâte de feuilles : Appliquer un pâte de feuilles de shatavari et de vétiver sur les pieds en cas de sensation de brûlure.
Précautions et contre-indications
- Pourrait contribuer à réduire l’excrétion du lithium et par conséquent à faire augmenter le taux de lithium dans le corps. Un ajustement du dosage à la baisse est possible.
- Son effet hypoglycémiant peut appeler à devoir modifier le dosage des médicaments affectant la glycémie.
- Peut causer une sensibilité accrue aux seins chez certaines femmes, notamment parmi celles ayant un taux d’œstrogènes très élevé. Dans ce cas, il est conseillé de l’administrer à partir du 14e jour du cycle (comptant le 1er jour des menstruations comme le jour 1), alors que l’œstrogène cède sa place à la progestérone.
- Peut causer des réactions chez les personnes allergiques aux plantes de la famille des asperges, telles que démangeaisons des yeux et de la peau, rougeurs, augmentation du rythme cardiaque, difficultés respiratoires et étourdissements. (19)
- Il semble que son usage soit sans danger chez les femmes enceintes, selon des milliers d’années d’usage parmi la population de l’Inde. Cependant, cela n’a pas encore été corroboré par des études récentes.
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(2) banyanbotanicals.com/info/plants/ayurvedic-herbs/shatavari/
(3) Khalsa, K.P.S. et M. Tierra. The way of ayurvedic herbs. Twin Lakes. : Lotus press, 2011, c2008. 372 p. ISBN 9780940985988
(4) netmeds.com/health-library/post/shatavari-benefits-uses-formulations-ingredients-method-dosage-and-side-effects
(5) easyayurveda.com/2015/01/04/shatavari-asparagus-racemosus-uses-research-side-effects/
(6) planetayurveda.com/library/shatavari-asparagus-racemosus/
(7) Winston, D. et S. Maimes. Adaptogens. Rochester : Healing Arts press, 2019, c2007. 432 p., ISBN 9781620559581
(8) Smith, A. Dravyaguna pour les Occidentaux. Montreux, Suisse : EIVS GmbH, 2013. 374 p. ISBN 9781494253929
(9) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16357948
(10) easyayurveda.com/2015/01/04/shatavari-asparagus-racemosus-uses-research-side-effects/
(11) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41055223/
(12) netmeds.com/health-library/post/shatavari-benefits-uses-formulations-ingredients-method-dosage-and-side-effects
(13) Pinnock, D. Medicinal Cookery: How You Can Benefit from Nature’s Pharmacy. Oxford, Angl.: How To Books Ltd : 2011. 192 p. ISBN 9780716022695
(14) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16387694/
(15) Smith, A. Dravyaguna pour les Occidentaux. Montreux, Suisse : EIVS GmbH, 2013. 374 p. ISBN 9781494253929
(16) ayurveda-foryou.com/ayurveda_herb/shatavari.html
(17) pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15946596/
(18) Pandey, G. Dravyaguna vijnana. Vanarasi : Chaukhamba Krishnadas Academy, 1998. Vol. 3. P. 346.
(19) healthline.com/health/food-nutrition/shatavari

Bonjour,
où peut-on trouver du shatavari ?
Est-ce qu’il existe une contre-indication pour une femme ménopausée ?
Cordialement Chantal
Bonjour, il n’y a pas de contre-indication pour la ménopause, bien au contraire il est très efficace pour soulager les chaleurs et la sécheresse vaginales, le cas échéant. Il est possible de trouver le shatavari sous forme de capsules (notamment sous les marques Organic India et Himalaya qui sont vendues un peu partout sur le globe) en magasin de produits naturels ou plus facilement sur Internet avec les mots-clef « shatavari capsules » ou « shatavari root powder ».
Bonjour.
C possible de prendre shatavari plus scutellaire en peri menopause merci
Bonjour ! Comme la plupart des plantes toniques, elles peuvent facilement être prises en concomitance. Elles se supporteront même l’une-l’autre dans leur travail respectif. Les deux plantes seront utiles en cas de ménopause, notamment grâce à leur travail sur le système nerveux.
Bonjour!
Est-ce que vous pensez que cette plante peut équilibrer une dominance oestrogenique en apportant plus de progestérone de manière naturelle?
Merci d’avance pour votre réponse!
Bonjour Julie, en général, les plantes n’apportent pas de contenu en progestérone en soi, mais elles peuvent favoriser sa genèse par le corps via les glandes maîtresses, en inhibant l’hormone lutéinisante. Le shatavari aura donc cette action, tout comme l’achillée et l’alchémille, notamment.
Peut-on prendre shatavari avec des plantes phyto-oestrogènes ? Merci
Oui, absolument, les phyto-oestrogènes, en quantités normales, n’ont qu’un effet délicat et régulateur sur les taux d’oestrogènes et tout ceci s’harmonise aisément avec l’effet régulateur du shatavari.