
L’art et la science des points marmas
Les marmas sont des points d’énergie sensibles et vulnérables, localisés à des endroits précis dans le corps. Par ces points, nous pouvons nous soigner ou blesser un individu. La science des marmas est notamment utilisée en massothérapie ayurvédique et dans les arts martiaux indiens, en kalari payat.
Marmas, nadi et chakras
Du point de vue de la métaphysique indienne et de l’ayurvéda, l’énergie circule depuis les chakras, principaux centres énergétiques du corps. Elle se dirige ensuite vers les nadis, les canaux où circule l’énergie qui atteint le corps tout entier via les marmas. Ceux-ci forment une sorte de pont reliant le corps énergétique et le corps physique.
En sanskrit, marma signifie « ce qui tue » (yat marma iti marma), désignant par là les points vitaux du corps. Les marmas principaux sont au nombre de 108, auxquels s’ajoutent une panoplie de marmas secondaires. Les marmas servent de passage entre le corps subtil et le corps matériel. Ils distribuent l’énergie (prana) depuis les chakras et les canaux énergétiques subtils (nadis) vers le corps physique.
Les chakras, situés à divers endroits le long de la colonne vertébrale et au sommet du crâne, sont des bassins énergétiques tourbillonnants qui se déversent dans les nadis. Le terme nadi désigne les divers canaux subtils du corps. Il y a 14 canaux énergétiques principaux et une panoplie de canaux secondaires. Ceux-ci relient les marmas entre eux et abreuvent d’énergie l’ensemble de l’organisme. Les manoeuvres d’abhyanga, massothérapie ayurvédique, suivent les tracés de ces canaux afin de favoriser la libre circulation de l’énergie.
Les traitements marmas
Appelé « sarvanga arangal marma chikitsa » en sanskrit, ce traitement nous provient du sud de l’Inde où fleuri la tradition Siddha, qui constitue l’un des principaux affluants à origines de l’ayurvéda.
Le traitement marma consiste d’abord en la lecture du pouls afin de déterminer quels sont les déséquilibres de la personne, exprimés en termes de doshas. La prise du pouls s’effectue principalement au poignet, mais aussi aux chevilles, aux genoux, à l’aine, à l’abdomen et aux creux des coudes.
On compare ensuite les différents pouls afin de détecter des blocages potentiels dans la circulation sanguine et énergétique de certaines parties du corps. Ces indications déterminent la manière dont le traitement sera effectué afin de favoriser la santé de la personne. Le but ultime est de rétablir une bonne circulation de l’énergie dans tout l’organisme.
Ensuite, on applique sur l’ensemble du corps une huile thérapeutique particulière au traitement marma, fabriquée à base d’huile de noix de coco. L’huile contient un mélange d’herbes médicinales dont la recette est gardée secrète. Elle a pour effet de nourrir, détendre, lubrifier ainsi que d’extraire les toxines (ama) des tissus du corps : peau, muscles, tendons et articulations.
Plus qu’un massage
Le traitement se poursuit avec des pressions fermes et profondes le long des nadis, au moyen de mouvements glissés précis allant de la tête aux pieds. Cela procure divers effets intenses ainsi qu’une sensation de revitalisation et d’unification du corps.
Selon les besoins du moment, le thérapeute stimule divers marmas pour régulariser la circulation de l’énergie et libérer les blocages. Les effets peuvent être fulgurants et les capacités des praticiens marmas atteignent des degrés inouïs, au point de pouvoir anesthésier ou libérer un membre paralysé par exemple. Certaines de ces capacités ont été démontrées de façon probante dans le documentaire Ayurveda, the art of being, réalisé par Pan Nalin.
Bien qu’il soit possible de connaître l’emplacement relatif des marmas par une étude des textes classiques, la localisation précise et l’usage de certains d’entre eux sont gardés secrets. Il en est ainsi afin d’éviter que la connaissance des marmas ne tombe pas entre mauvaises mains, surtout dans le cas des plus dangereux. Ces enseignements ne circulent qu’à travers de rares lignées de transmission orale, de maître à élève. De plus, les techniques de stimulation que les praticiens marmas emploient requièrent une sensibilité développée et un entraînement poussé.
Après le traitement, on offre un produit médicinal à base de myrrhe indienne nommé yogaraj guggulu au bénéficiaire pour continuer à stimuler le nettoyage du sang, des muscles et des articulations suite à la séance.
Bénéfices du traitement marma
- Soulage en particulier les tensions musculaires
- Libère les tensions émotionnelles : anxiété, colère, dépression
- Désintoxique l’organisme et aide au sevrage des substances addictives
- Revitalise et permet de mieux sentir son corps
- Soulage l’insomnie et éclaircit l’esprit
- Soulage la fatigue chronique due au stress prolongé et l’épuisement physique
- Favorise la réadaptation suite à des accidents ou chirurgies, suite à la phase aigüe de la blessure : fractures, hernies discales, entorse lombaire, dorsale et cervicale, etc.
- Prévient les troubles aux organes internes, muscles et articulations
Effets secondaires possibles
- On observera un changement marqué de la quantité ou de la couleur des selles ou de l’urine. Cela est dû à l’évacuation des toxines stimulée par le traitement
- On pourrait voir apparaitre temporairement des rougeurs sur la peau, encore une fois dues à l’évacuation des toxines
- Apparition d’ecchymoses en raison de la force appliquée sur les tissus lors du traitement. Cet effet est cependant temporaire et sans danger
- Légers étourdissements semblables à une chute de pression sanguine. Un court repos assis permettra de recouvrer des forces et son équilibre
- Autre effet secondaire : le traitement marma étant puissant et effectif, il arrive que divers phénomènes étranges et imprévus soient provoqués par les mouvements de l’énergie
Le soin marma siddha présenté par Ayurvéda Révolution
Christian Marceau est ergothérapeute et massothérapeute de formation. Affinant son corps et son esprit par une pratique assidue du yoga et du tai ch’i, il se dédie à l’apprentissage de la science des marmas. Lors de ses séjours en Inde, au Kérala, il est guidé de près dans son processus par un maître marma qui lui transmet les enseignements de sa tradition. La science des marmas demande de gagner la confiance d’un mentor expérimenté et nécessite une pratique sérieuse et dévouée.

Un grand merci pour ce Partage du documentaire. Vous êtes inspirant, bien documenter et vos formations sont de qualités. Vous m’apporter beaucoup en ouvrant plein de porte pour la nouvelle naturopathe que je suis!
Bonne continuité!
Corinne Cudel
Merci beaucoup pour votre retour Corinne ! Nous sommes heureux que le fruit de notre travail soit apprécié ! Bon succès dans votre carrière en naturopatie.