
Une nouvelle ère dans la gestion des déchets
La gestion des déchets est un défi majeur pour notre société de consommation : chaque personne sur la planète produit en moyenne 350kg de déchets par année, ce qui représente 1,5 tonne par famille de quatre personnes. (1)
Une panoplie d’alternatives s’impose peu à peu alors que les gens et les entreprises se rassemblent autour de leurs valeurs et de leurs besoins en commun, offrant des nouvelles pratiques populaires, voire incontournables.
La diversité d’approches économiques pour gérer écologiquement nos déchets se résume bien par le concept d’économie circulaire. Il s’agit de créer un cercle vertueux qui utilise la matière à toutes ses étapes de transformation en divers objets utiles. Ce type d’économie rendra obsolète le système linéaire actuel qui consiste à extraire, produire, consommer et jeter.
Pourrions-nous envisager de vivre un jour dans un monde sans déchets ?
Les déchets ont une durée de vie très variable, allant de quelques semaines pour du papier de toilette ou un trognon de pomme à quelques années pour un mégot de cigarette et son filtre, cent ans pour une cannette en acier ou un briquet en plastique, quelques siècles pour une couche jetable et jusqu’à mille ans pour du polystyrène ou une bouteille en plastique. (2)
Si nous ne réutilisons ou ne recyclons pas nos produits de consommation, nos sites d’enfouissement déborderons encore davantage, polluant du coup les nappes phréatiques. Nous épuiserons rapidement les ressources limitées de la planète tout en détruisant les écosystèmes en les exploitants.
Nous pouvons changer cet état de fait par des actions collectives et individuelles, suivant l’exemple de gens tels que Lauren, de New York, qui ne produit plus de déchets depuis 2 ans.
Réparation et récupération
Avant de penser recycler, mieux vaut réparer, récupérer et réutiliser ! On récupère par la redistribution, le réemploi, la mutualisation, la re-manufacturation, la rénovation. Ensuite, si nécessaire, on passe au recyclage, car celui-ci reste tout de même une alternative énergivore.
Toutes sortes de petits gestes quotidiens contribuent à redonner une 2e vie aux objets :
- Acheter des biens usagés
- Donner ou vendre nos objets inutiles, partager la possession de certains outils
- Réparer les vêtements, les vendre à une friperie où les donner à des organismes
- Bricoler avec les cartons d’œufs et contenants divers plutôt que d’acheter des jouets
- Fixer la tige d’une sandale passant au travers de la semelle avec une attache à pain !
- Etc. etc. etc.
Aussi, les « Repair Cafes » se répandent en Europe et en Amérique, avec comme objectif de permettre aux gens d’y réparer leurs objets cassés. On s’y réunit en un lieu agréable et on y trouve des gens qualifiés pour faciliter la tâche à ceux et celles qui en ont besoin.
Certains sites Internet se consacrent à la réparation tels que commentreparer.com alors que des sites se consacrent à l’échange comme kijiji.ca ou echange.consoglobe.com.
Les systèmes de copropriété et de mutualisation sont également en expansion. Un nombre croissant d’entreprises offrent des options de voitures collectives dans plusieurs métropoles du monde (Zipcar, Communauto). L’entreprise Rent the Runway permet même de louer des robes et des accessoires des créateurs de mode pour rendre la haute couture plus abordable et attrayante au commun des mortels !
Recyclage
Le recyclage est en constante évolution de nos jours, et ce n’est pas chose simple. Certaines municipalités ne disposent pas des capacités de recyclage nécessaires pour recycler la quantité de déchets produits par leur population. Il convient de s’en informer et de faire pression sur les autorités pour que se développent les infrastructures nécessaires à un recyclage efficace.
Piles électriques : des centaines de milliers de piles sont jetées chaque année et moins du tiers sont collectées pour le recyclage. Alors qu’il faut 50 fois plus d’énergie pour fabriquer une pile alcaline qu’elle n’en produira toute sa vie, celle-ci polluera jusqu’à 1m3 de terre ou 1000m3 d’eau pendant cinquante ans.
Consignes : Les contenants en aluminium ou en plastique ont une durée de vie très longue, allant jusqu’à des milliers d’années, d’où l’importance d’utiliser le système de recyclage des bouteilles encouragé par la consigne. La consigne des bouteilles est une pratique déjà bien implantée en Occident et la consigne des bouteilles en plastique se profile en Europe, notamment en Belgique et en France. (3)
Électronique : Le recyclage des biens électroniques a doublé de 2010 à 2013, atteignant 280 000 tonnes de matériel par an, alors que des fabricants comme Herman Miller et HP commencent à substituer des vis et des matériaux purs à la colle et aux composites pour faciliter le processus. Une entreprise populaire, Gazelle, vous offre même de l’argent si vous leur envoyez – frais de ports payés – votre équipement cellulaires et matériel de marque Macintosh. (4)
Compostage : Une pratique extrêmement importante pour réduire la quantité de déchets produits consiste à composter nos déchets organiques qui représentent environ le tiers de nos déchets ménagers. On pourrait considérer que le compost est une forme de recyclage des déchets organiques pour les réutiliser sous forme d’engrais ! (5)
Incinération : L’incinération des déchets restants offre certains avantages, produisant moins de gaz à effet de serre que leur stockage, réduisant la consommation d’hydrocarbure en fournissant un combustible gratuit tout en récupérant les métaux lourds et autres éléments toxiques avant qu’ils ne soient dégagés dans l’atmosphère. (6)
La disparition des externalités
Le concept d’externalité est obscur et méconnu en économie. Pourtant, il est tout à fait central à l’évolution de l’écologie dans les sociétés humaines.
Il s’agit des coûts cachés ou ignorés dans les calculs des activités économiques. Ils apparaîssent souvent sous forme de conséquences environnementales, affectant les écosystèmes et les communautés qui y résident.
On omet ces dommages collatéraux de la comptabilité, on les « externalise ». Les exemples abondent : perturbations structurelles du sol engendrées par l’industrie du gaz de schiste, pollution due à l’extraction minière, dégâts faits à la nature par l’exploitation du pétrole et les zones inondées par les barrages électriques.
L’écologie s’impose en économie
L’écosystème terrestre forme un tout indissociable, aussi nous subissons de plus en plus les effets négatifs des activités économiques. Ceci provoque des conscientisations parmi les communautés et l’on voit même apparaître des législations ayant comme but de responsabiliser les citoyens et les entreprises de par le monde.
Cette responsabilisation engendre bien sûr des coûts accrus qui, combinée à la raréfaction des ressources naturelles, deviennent autant d’incitatifs à créer des techniques de production et des mœurs plus écologiques, un genre de « capitalisme naturel ».
Ainsi, de nouvelles technologies sont favorisées par leur potentiel économique, tel qu’en témoigne l’utilisation accrue des lampes LED qui réduisent la consommation d’électricité d’une ampoule de 68%. Une gestion plus serrée des dépenses énergétiques se met progressivement en place, notamment avec la climatisation et l’éclairage « intelligents », ajustés en fonction des besoins au lieu de gaspiller inutilement la chaleur et la lumière lorsque c’est inutile.
Obsolescence programmée
Cette pratique extrêmement répandue dans l’industrie consiste à planifier le bris de certaines pièces ou l’inutilité du produit dans un délai rapproché, afin de favoriser la consommation. Les plus âgés d’entre nous savent que les électroménagers et les équipements électroniques des années soixante sont plus durables et fiables que leurs versions modernes.
Les ingénieurs qui conçoivent aujourd’hui ces objets savent pertinemment quelle pièce fera défaut et dans combien de temps, ils s’arrangent pour que les réparations soient suffisamment difficiles ou coûteuses pour que les gens préfèrent se procurer un modèle de l’année au lieu de les réparer.
L’autre tactique, davantage utilisée en haute technologie électronique (ordinateurs, téléphones, jeux électroniques), consiste à rendre les biens de consommation démodés ou incompatibles avec la dernière technologie.
À ce chapitre, il est nécessaire d’imposer des lois et des règlements aux entreprises, par exemple augmenter la durée minimale légale de garantie de fonctionnement, actuellement fixée à 2 ans dans la plupart des pays.
Le groupe écologiste EELV a aussi recommandé que les compagnies soient obligées de fournir les pièces détachées nécessaires aux réparations pendant au moins une décennie ainsi qu’un guide de réparation à la disposition de ceux qui voudront réparer eux-mêmes leur bien de consommation.
Des industries qui purifient l’environnement
À l’opposé des pratiques insidieuses telles que l’obsolescence programmée et de l’imposition des conséquences environnementales désastreuses, serait-il possible que les industries puissent restaurer l’environnement ?
C’est ce que croit Michael Braungart qui a développé le concept de Cradle 2 Cradle (C2C) qui consiste à penser les produits de manière à gérer efficacement leurs prochaines vies. Il a d’ailleurs déjà contribué à la mise au point de centaines de procédés, par exemple celui qui a permis au fabriquant de mobilier Steelcase de rejeter une eau plus propre que celle qui entre dans son usine. (7)
Nous ne sommes pas seuls, et la majorité silencieuse avance discrètement mais sûrement vers un mode de vie plus écologique, des alternatives intelligentes et bénéfiques pour tous. Chacun de nos efforts est compté alors que nous entreprenons les changements nécessaires à la pérennité de nos sociétés humaines et de notre écosystème terrestre.
(2) Durée de vie des déchets consoglobe.com
(3) La consigne sur les canettes et bouteilles en plastique sudinfo.be
(4) Recyclage des appareils électroniques gazelle.com
(5) Dans ma poubelle ? rac-f.org
(6) Pénurie de déchets en Suède rfi.fr
(7) Mobilier écologique et aménagement d’espaces steelcase.com

Merci Jonathan pour ton article, mais surtout pour les ressources proposées. J’en fais pas mal, mais je pourrais faire encore mieux :-)