
L’ascension des produits écologiques
Opter pour des produits écologiques est devenu un prérequis pour ceux qui sont engagés dans la lutte environnementale. (1) Étant informés des impacts environnementaux engendrés par l’industrie de la mode, certains préfèrent encourager des marques qui reflètent leurs valeurs et décident d’opter pour des produits qui ont une empreinte écologique réduite.
Cependant, plusieurs d’entre nous ignorent l’ampleur des répercussions environnementales liées à l’industrie de la mode. Les problèmes peuvent survenir tant au niveau de la culture des matières premières, de la production et du transport, mais également au moment de l’usage, de l’entretien et de la mise au rebut des vêtements par nous, les consommateurs.
Le choix des textiles
De nos jours, la production textile est presque entièrement faite dans les pays en développement où les normes environnementales, sanitaires et humaines ne sont souvent pas exemplaires. Dans la majorité des cas, la culture des matières premières implique l’utilisation de pesticides et de produits chimiques extrêmement nocifs pour notre santé et celle de la planète, en plus de requérir de grandes quantités d’eau.
Malgré que le coton soit une matière naturelle, il demande une exploitation intensive de pesticides et une utilisation de quantités astronomiques d’eau, ce qui en fait la fibre la plus polluante au monde. (2) La fibre synthétique la plus couramment utilisée, le polyester, est également extrêmement polluante à cause de l’utilisation excessive de ressources non renouvelables et d’énergie lors de sa fabrication, ce qui crée des émissions nocives de gaz carbonique. (3) Pour qu’un vêtement soit qualifié d’écologique, il doit donc être fait de matières ayant un impact environnemental et sanitaire réduit.
Le coton biologique, le chanvre, le lin, la ramie, le lyocell ou Tencel®, la soie sauvage, la laine biologique et le polyester recyclé sont des matières qui présentent une empreinte écologique réduite.
Les teintures chimiques utilisées par certaines entreprises de vêtements représentent également un impact environnemental et sanitaire considérable. Des teintures naturelles et biologiques sont une bonne alternative, mais le type de teinture utilisé est souvent une information difficile à obtenir en tant que consommateur. Ainsi, s’il n’est pas spécifiquement indiqué qu’un vêtement a été teint avec une teinture naturelle, très souvent, c’est parce que ce n’est pas le cas.
La production des vêtements
L’empreinte écologique d’un produit ne se résume pas qu’à ses matériaux. La production des vêtements et des accessoires peut également entraîner des répercussions environnementales considérables. Le déversement des eaux usées dans les cours d’eau, le rejet de gaz nocifs dans l’atmosphère et l’utilisation excessive d’énergies et de ressources non renouvelables sont les principaux problèmes liés à cette industrie. (4)
Les usines de production situées dans les pays développés, comme par exemple le Canada ou la France, respectent souvent des normes environnementales plus strictes que les manufactures des pays en développement. Cependant, acheter des vêtements qui ont été produits dans des manufactures certifiées écologiques est une alternative sécuritaire pour les consommateurs qui souhaitent encourager des marques qui respectent l’environnement.
Ces certifications environnementales sont normalement fiables, même s’il s’agit d’une usine située dans un pays en développement. Bien entendu, les produits qui possèdent une certification écologique sont souvent plus dispendieux en raison des processus plus coûteux qu’ils requièrent.

Le transport des vêtements
Le transport de vêtements et d’accessoires entraîne également des répercussions environnementales en raison des émissions de gaz à effet de serre produites par le carburant, que ce soit par voie aérienne, fluviale, terrestre ou ferroviaire. Opter pour des articles qui ont été produits localement est donc une alternative écologique, puisque la distance parcourue pour arriver jusqu’à notre garde-robe est considérablement réduite.
L’usage et l’entretien
L’impact environnemental d’un vêtement ou d’un accessoire découle également de l’usage, de l’entretien et de la mise au rebut par son propriétaire. Premièrement, il est important de retenir qu’une consommation modérée réduit considérablement nos impacts environnementaux. En effet, la surconsommation de vêtements entraîne une utilisation excédée d’énergie et de ressources naturelles.
Deuxièmement, un entretien adéquat réduit considérablement l’empreinte écologique d’un vêtement. En effet, même en considérant les étapes de la production et du transport, l’entretien d’un vêtement représente de 75% à 80% de son empreinte écologique. (5) Notamment, l’utilisation d’eau chaude, de détergents commerciaux, de la sécheuse et du fer à repasser entraîne des répercussions environnementales majeures.
La fin de vie des produits
Finalement, la mise au rebut du vêtement crée des impacts environnementaux très importants. Les vêtements qui se retrouvent au dépotoir créent des gaz extrêmement nocifs lorsqu’ils se décomposent. Il vaut mieux donner, transformer ou récupérer les vêtements dont nous ne voulons plus plutôt que de les jeter. Cependant, donner nos vêtements à des œuvres de charité entraîne des répercussions environnementales et sociales majeures.
Il vaut mieux donner, transformer ou récupérer les vêtements dont nous ne voulons plus, plutôt que de les jeter. Cependant, il est préférable de faire des dons directement à notre entourage car donner nos vêtements à des œuvres de charité entraîne des répercussions environnementales et sociales majeures.
Pour terminer, un vêtement écologique est également un produit qui dure longtemps, diminuant ainsi la fréquence et la quantité d’achat.
Ainsi, une alternative écologique est d’opter pour des vêtements versatiles de qualité, de style classique. Certains designers offrent des vêtements ou des accessoires transformables, en intégrant des composantes modulaires, ajustables ou réversibles, notamment. Cette technique est de plus en plus utilisée dans le domaine de la mode écologique car elle apporte de la versatilité aux vêtements, réduisant ainsi potentiellement la quantité consommée. (6)
Nous retrouvons également des marques qui proposent des options de personnalisation, en offrant par exemple des options de motifs ou de couleurs, créant ainsi un attachement émotionnel de longue durée. L’industrie des vêtements écologiques est en constante croissance.
De plus en plus d’options sont disponibles sur le marché pour répondre aux goûts de tous. L’empreinte écologique d’un vêtement s’additionne à chacune des étapes de production et d’utilisation. Il en revient tant au producteur qu’au consommateur de faire en sorte que l’environnement soit respecté. Il est donc d’une importance primordiale d’investir dans des vêtements qui sont écologiques et de haute qualité. Soyons le changement que nous désirons voir au sein de l’industrie de la mode !
(2) Grose, L. Sustainable cotton production. Sustainable Textiles: Life Cycle and Environmental Impact, Woodhead Publishing Limited, Cambridge, 2009, p.33-62.
(3) Madsen, J., Hartlin, B., Perumalpillai, S., Selby, S., & Aumônier, S. Mapping of Evidence on Sustainable Development Impacts that Occur in Life Cycles of Clothing: A Report to the Department for Environment,
Food and Rural Affairs. Environmental Resources Management (ERM) Ltd. Defra, London, 2007.
(4) Mukherjee, S. Environmental and Social Impact of Fashion: Towards an Eco-friendly, Ethical Fashion. International Journal of Interdisciplinary and Multidisciplinary Studies, 2015, 2(3), p.22-35.
(5) Niinimäki, K. Consumer values and eco-fashion in the future. In J. Koskela & M., Vinnari (Eds.), Future of the Consumer Society, Writers and Finland Futures Research Center, Tampere: Turku School of Economics, 2009a, p.125-134.
(6) Niinimäki, K., & Hassi, L. Emerging design strategies in sustainable production and consumption of textiles and clothing. Journal of Cleaner Production, 19(16), 2011, p.1876-1883.
